Les trains sanitaires

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Le transport sanitaire par chemin de fer est aussi ancien que celui-ci. Dès 1848, en Italie, en 1855 en Crimée, durant la guerre de Sécession (1861-1865), et durant la guerre 1870. Cela ne concernait que quelques wagons sommairement aménagés.

Origine civile

En 1873, La Société Française de Secours aux blessés militaires présentent un train sanitaire type à l’Exposition Universelle de Vienne.

Train sanitaire 1873 - Le Monde Illustre - 28/06/1873
Train sanitaire 1873 – Le Monde Illustré – 28/06/1873

Ce train se compose de 8 wagons. Derrière la locomotive, on y trouve:

  • 1 wagon magasin (pharmacie, lingerie)
  • 1 wagon-médecin de 4 chambres (bureau transformable en chambre)
  • 3 wagons ambulance (plusieurs aménagements possible: réfectoire, ambulance avec lits, ou ambulance avec salles)
  • 1 wagon réfectoire de 36 places
  • 1 wagon cuisine
  • 1 wagon approvisionnement (produits de bouche, vins,..)

Ce train circule les années suivantes sur le réseau des Compagnies pour des essais. Lors d’un de ces voyages en 1887, il est accompagné par des notables en particulier par des membres de l’Association des Dames de France (société de secours). Ces dames sont conquises par ce train. Le Dr Gruby, membre du Conseil de l’Association est moins enthousiaste. Il demande d’ailleurs une petite dizaine de modifications pour améliorer les conditions de voyages des blessés et personnel soignant.

La création des trains sanitaires permanents datent de 1889. Un à deux par Compagnie.

Durant la guerre 1914/1918

Au début du conflit, 5 trains sanitaires permanents et 15 trains improvisés assurent l’évacuation des blessés. Ils peuvent transporter 396 blessés et 48 personnels soignants

Mais la situation oblige la création de trains sanitaires semi-permanents. Des voitures voyageurs aménagées constituent ces 135 trains (1916), puis 142 (1918). Un sixième train permanent est d’ailleurs constitué en 1918.

Train sanitaire 4 bis - Guerre 1914/1918
Train sanitaire 4 bis – Guerre 1914/1918

Durant ce conflit, 12 000 rotations permet l’évacuation de 5 millions de personnes, en 4 étapes:

  • Etape 1: le train quitte la gare d’évacuation
  • Etape 2: transit dans une gare régulatrice pourvue d’un hôpital et d’un médecin régulateur
  • Etape 3: Nouveau départ vers une gare de répartition
  • Etape 4: Vide et désinfecté, le train repart vers les zones armées.

Les leçons de la guerre de 1914/1918

Les capacités insuffisantes des trains sanitaires et des trains semi-permanents font que les autorités militaires demandent aux Compagnies de commander des voitures voyageurs qui soient sanitarisables. Sur la base d’OCEM RA de 3eme classe.

Voiture sanitarisable OCEM RA Ouest type C9
Voiture sanitarisable OCEM RA Ouest type C9

Ce sont des voitures qui peuvent être transformées, par démontage des compartiments et des sièges, lorsque la nécessité l’exige. A cela, de construction, s’y ajoute des double-portes sur les faces latérales.

Dans les années trente, des voitures servent aux transports des malades pour les pèlerinages vers Lourdes. Comme cette voiture Etat.


Durant la drôle de guerre, la Défense Passive équipe des autorails pour des évacuations sanitaires. Il y a 4 ADN XA 3135/3136/3142/3144 de Nancy, un De Dietrich 210 ch, un De Dietrich de 320 ch (le ZZD 262), un ABJ1 ZZR 3129, et le VH ZZR 2046 ex-AL.

Infographie: Thierry Leleu (Ferrovissime n°37 Ed LR)

Au lendemain de la 2eme guerre mondiale, face à l’engouement pour les trains de pèlerinage oblige la SNCF à se tourner vers des voitures plus spécifiques: les voitures ambulances.

Le prototype OCEM RA C9 n’est pas modifiée, si ce n’est son immatriculation(Ssmyfi). Ne souhaitant pas toucher à son parc de C9, elle opte pour la transformation de véhicules sans emploi.

C’est dans la série des voitures-lits-salons du PLM qu’une dizaine d’entre elles sont modifiées. Quant à l’aménagement intérieur, celui du prototype Ouest est repris.

Ces voitures recevront des améliorations au cours de leur vie.

Elles seront regroupées à la gérance de Villeneuve-Prairie au Sud-Est. Elles seront rejointes par les 2 voitures du Sud-Ouest, des ex Bacalan PO.

Ex-B71/2 c71/2 Bacalan PO - Photo JP Demoy (Ed. Loco-Revue)
Ex-B71/2 c71/2 Bacalan PO – Photo JP Demoy (Ed. Loco-Revue)

La région Est récupère le train sanitaire 201 de l’Armée Française, composé de voitures ex-DR dites “Bastille”.

Toutes ces voitures sont engagées sur les trains de pèlerins et les trains de “sports d’hiver et colonies”.

Toutes radiées en 1979, elles sont remplacées par 17 ambulances Corail type VU 75 et 10 ambulances type VU 80. Ces dernières quittent la scène ferroviaire en 2014.

A noter aussi que certains EAD étaient sanitarisables, ce qui est peu connu.

C’est aujourd’hui l’ère du TGV médicalisé. Et tous ces transports à travers la France de ces trains semblent démontrer que cette solution est la bonne.

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